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Quelle place pour les recycleurs de rue au Brésil et en France ?

Le 26 avril, Une Seule Planète organisait sa première projection/débat à l’occasion de la sortie de son documentaire, « Catadores, recycleurs de rue au Brésil, transformer les déchets en citoyenneté ». L’occasion de revenir sur la situation brésilienne et sur celle méconnue, des biffins français.


La mutinerie, un espace de co-working nous a ouvert ses portes dans le 19e arrondissement

Les recycleurs de rue apparaissent au Brésil au début du 20 eme siècle et se développent en même temps que l’industrialisation du pays. Maillon indispensable de la chaîne du tri des déchets, les catadores, collectent et trient la plupart des déchets non-organiques dans les villes du pays.
Réservé aux populations les plus démunis, cette pratique est longtemps resté informelle. Depuis quelques années, certains d’entre eux ont réussi à s’organiser en coopératives et sont désormais reconnus par les collectivités comme des acteurs à part entière du recyclage.

Marcelo Negrao, doctorant en géographie et spécialiste des catadores, a tenu a rappeler les spécificités de la situation brésilienne tout en se préoccupant de la situation politique actuelle, qui, à terme, pourrait déstabiliser les catadores, au profit de grands groupes privés, qui entretiennent des liens étroits avec les hommes politiques.

Marcelo Negrao

Pour Samuel Le Coeur, président de l’association Amelior, la situation française est différente :
« Les biffins, ce sont les ancêtres des chiffoniers, un travail millénaire à Paris. Mais en France, on ne collecte pas les déchets recyclables, cela n’est pas possible, il faudrait 2 jours pour collecter une tonne de plastique que l’on revendrait 30 ou 40 euros. »

Samuel Le Coeur

Les biffins collectent des objets usagés, le plus souvent des bibelots ou de l’électroménager et les revendent à la sauvette principalement.
Seuls trois marchés sont autorisés en Île de France. A Montreuil, à la porte de Montmartre et Aux Grands Voisins, dans le 14 eme arrondissement de la capitale.
Ailleurs, cette pratique est illégale et souvent, les objets collectés par les biffins finissent à l’incinérateur après avoir été confisqués par des agents de Police.

Mireille Alphonse, élue ELLV à la mairie de Montreuil et en charge du commerce a été l’une des premières à soutenir les biffins. Depuis 2012, la halle de la croix de Chavaux accueille un marché biffin chaque premier mercredi du mois. Pour Mireille Alphonse, les biffins renvoient avant tout à une situation d’extrême pauvreté difficile à accepter pour les habitants. Les bénéfices sociaux et écologiques de cette pratique millénaire, sont bien trop souvent méconnus.

Mireille Alphonse

C’est sur cela que travaille le collectif Rues marchandes, afin de présenter cette pratique comme un exemple de l’économie populaire.

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