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Rencontrer des gens du monde entier

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La principale richesse des FSM tient certainement en deux choses : la diversité des acteurs réunit sur un même territoire. 

Chloé souligne « l’intérêt de connaître les réalités d’un pays lorsqu’elles sont racontées par une personne qui y vit » ainsi que « l’importance des échanges interculturels qui donnent envie de mieux connaître les contextes géopolitiques. » Ne mettant pas son esprit critique de côté, elle questionne tout de même « les relations entre partenaires » et « l’importance du poids économique dans ces relations ». « Comment réussir à s’en détacher ? » se demande-t-elle au détour d’une allée…

Anaïs elle, s’amuse : « on parle beaucoup de « partenaires internationaux ». Mais pour eux, ce sont nous les partenaires internationaux, ce sont nous qui sommes différents, qui ne font pas partie de leur quotidien, qui pensons autrement… ».

Cependant, en 2016, la richesse due à la diversité des participants fut quelque peu mise en péril par le trop grand nombre de demandes de visas refusées par les autorités canadiennes.

Avec des raisons invoquées souvent loin de la réalité :
-Absence de garanties concernant le retour dans son pays de la personne ayant fait la demande, ou encore son manque supposé de ressource financière.

Les refus ayant été notifiés souvent quelques jours seulement avant la date du départ, un très grand nombre de participants se sont retrouvés dans l'impossibilité de faire le déplacement. 

Dans son bilan, le comité organisateur avance le nombre de 70% des demandes totales de visas qui aurait été refusées pour ce FSM. Un précédent qui n’est pas de bon augure pour l’organisation de futurs FSM au « Nord »… 

Les FSM sont aussi l'occasion de rencontrer des gens qu'on aurait du mal à voir ailleurs. Comme les représentants de la tribu Mohawk, peuple autochtone canadien, qui ont été nvités à la table-ronde de la soirée d’ouverture organisée par le CRID. Ils ont marqué les membres de la délégation avec un discours sur le rôle des femmes. Qu’il fut jugé extrêmement féministe ou au contraire très rétrograde, il n’a laissé personne indifférent.

Marie pose les bases du débat ainsi : « aujourd’hui c’est tendance de prêter attention aux femmes, mais souvent, lorsqu’on parle du « genre » c’est pour corriger un aspect de la relation homme/femme. Il ne s’agit jamais de revoir totalement l’ensemble de cette relation. ». Très enthousiaste, elle explique ainsi sa sensibilité face à un tel discours : « Ce qui m’a interpellé aussi dans ce discours, c’est la remise en question de notre éducation. Ils nous disent ‘tout ce que l’on vous a appris est faux’. Quand on commence à envisager de déconstruire ses certitudes, quel vertige ! ».

En effet, comme c’est quasiment toujours le cas pour les peuples autochtones, la femme est présentée dans le discours des Mohawk comme une « mère ». Pas au sens où le rôle d’une femme est de faire des enfants et de les élever, mais dans le sens où son rôle est de « prendre soin », de la terre, de la communauté, de la vie. Comme elle donne la vie, c’est aussi elle qui l’entretient, sans pour autant être cantonnée à la maison. Ainsi, dans la société Mohawk il n’est pas question d’égalité homme-femme. Ils revendiquent deux statuts différents pour les deux sexes, sans pour autant en placer un devant l’autre. Ils prennent même le soin de dire que certains hommes ont des caractères « féminin » et certaines femmes des caractères « masculin », pour éviter qu’on leur reproche d’identifier un individu par rapport à son sexe. Ils avancent même que si la société est devenue aujourd’hui si prédatrice, c’est parce que la femme y a perdu sa place. La femme serait censée diriger le monde, car c’est elle qui saurait en prendre soin le mieux.

Félicie de son côté, émet un peu plus de réserve, « heureuse d’entendre un discours si touchant de ce chef » mais mal à l’aise avec l’idée qu’une femme serait forcément une « mère ».

Les hommes aussi sont touchés par ce discours, Cyril tout particulièrement. Il salue toute la spiritualité qui entoure la conception autochtones des rapports sociaux, en admettant que «  les gens ont sans doute besoin de plus de spiritualité dans leur vie », tout en tempérant son engouement : « les symboles, les croyances ne sont pas la solution aux problèmes sociaux !  ». Il se demande d’ailleurs « comment la spiritualité peut créer des ponts au lieu de diviser ?  » et « comment l’intégrer à notre militantisme sans tomber dans la religion ?  ». 

 

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