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Dans le creux de la vague, des corps en résistance

En 2019, de trop nombreuses familles tunisiennes cherchent encore les corps de leurs proches disparus en mer depuis une dizaine d'années, tandis que d'autres corps échouent continuellement sur les côtes du gouvernorat de Médenine. L'été 2019 a été mortel. Le sud-est de la Tunisie se transforme en cimetière dans un silence effroyable. La mer méditerranée retient des corps et en recrache d'autres, tous rendus anonymes, inconnus, déshumanisés. Partis la plupart du temps de Libye, contraints, forcés et fuyants, ces femmes, ces hommes, ces enfants et ces nouveaux nés n'ont pas survécu à la puissance de la mer et à la forteresse Europe.

 

Dans la ville de Zarzis, depuis près de dix ans, Chamseddine Marzoug, un militant des droits humains et ancien pêcheur, enterre ces corps que personne ne veut voir, ni l'Europe, ni le Maghreb, ni la Tunisie.

La fatigue de Chamseddine est immense

Les rides et les cernes qui marquent son visage entourent une révolte lourde et continue teintée d'une désillusion certaine. A quelques mètres du cimetière être plus digne, plus grand, disposé d'un nom et attirer davantage l'attention médiatique. Bâti sur un terrain privé, grâce à des financements eux-mêmes privés sans lien avec la société civile, le ’Jardin d'Afrique’ devrait ouvrir son portail courant mars 2020.

Le Jardin d'Afrique à Zarzis
Témoignage Mohamed : les conditions inhumaines d’accès à la Tunisie
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Laurie
Témoignage Mohamed : les conditions inhumaines d’accès à la Tunisie (c)

En septembre 2019, alors qu'il était toujours en cours de construction, ce nouveau cimetière accueillait déjà 71 corps, échoués au cours du seul mois de juillet 2019. Les monticules de sable qui font office de tombes sont surplombés par une pancarte en bois indiquant la date de l'enterrement et un ’H’ ou un ’F’ selon le sexe identifié. Entre deux cimetières, de jeunes migrants jouent au foot sur le terrain vague qui prolonge l'ancienne décharge. A moins de 100 mètres du nouveau cimetière se trouve le centre d'hébergement du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) dans lequel ils attendent, inlassablement, une réponse au sujet de leur demande d'asile. Pour contrer cette attente, certains d'entre eux aident à la maçonnerie dans ce cimetière. Ils tentent de résister à prendre le large, une nouvelle fois, avec leurs pairs tunisiens qui n'ont jamais cessé de tenter la traversée pour l'Italie.

L'Europe se barricade, la Libye torture, la Méditerranée retient et recrache et la Tunisie se transforme en cimetière d'Afrique.

 

Laurie - Volontaire au sein du Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES) en lien avec Intercoll

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