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La destruction du patrimoine et d’un mode de vie

Un patrimoine archéologique à l’abandon

Avant l’intervention de MLP, la vallée du Mauro avait été reconnue pour son importante valeur archéologique. Des centaines de « pétroglyphes » - signes et dessins gravés sur les roches - attestaient d’une occupation lointaine de cette vallée par des peuples premiers. Entre 2004 et 2005, Minera Los Pelambres a lancé des fouilles archéologiques associant une centaine d’archéologues et d’étudiants venus de tout le Chili dans une vaste expédition pour « la protection et la sauvegarde du patrimoine ». MLP s’était engagée à publier des rapports et à construire un musée. Or en 2013, rien n’avait abouti et des photos de l'époque attestent de l’état d'abandon des pièces archéologiques sur le site. L’archéoastronome (discipline associant astronomie et archéologie pour comprendre les phénomènes actuels), Patricio Bustamante, a relaté les faits dans la revue CIPER. Des recours ont été présentés auprès des autorités chiliennes pour dénoncer le non-respect des engagements de la Résolution de qualification environnementale (RCA 038). En 2014, la Superintendance de l’environnement a ainsi condamné l’entreprise à une amende de 2 millions de dollars pour violation des clauses du permis attribué.

La destruction de la forêt primaire du Mauro et l’expulsion de ses habitants  

Le Mauro était une vallée fertile abritant la forêt primaire protégée de “Canelo Chequen” déclarée de « conservation prioritaire ». Dans cet écosystème écologique exceptionnel, quelques dizaines de familles vivaient de la production de fromage. Cette production était si importante que des familles de Caimanes en avaient fait leur commerce et en acheminaient des centaines de kilos vers la capitale. Aujourd’hui, tout cela a disparu : les habitants ont été contraints de partir et la forêt primaire a été incendiée pour faire place au réservoir de déchets miniers.

Une sécheresse provoquée (c)

Disparition des activités économiques traditionnelles des vallées adjacentes

Dans les vallées proches du Mauro, les habitants de la vallée du Pupio et des hameaux alentours vivaient également de l’agriculture et de l’élevage. L'assèchement des affluents provoqué par la construction du réservoir les a contraints à mettre fin à leurs activités à partir de 2006. La quasi-totalité de ceux qui exerçaient des activités agricoles ont dû y renoncer. « L’Histoire qui reste », documentaire co-réalisé avec les habitants, témoigne de l'histoire du passé agricole de la vallée. Aujourd’hui, seuls quelques éleveurs continuent de travailler mais ils peinent à vendre leur produits. Les acheteurs se font plus rares, craignant d’acquérir des produits agricoles contaminés. Ces éleveurs dépendent en outre de Minera Los Pelambres qui leur livre par camions citernes l’eau destinée au bétail. Cette aide est conditionnée à l’acceptation de tous les agissements de la compagnie et au silence quant aux causes de la disparition de l’eau. En 2015, suite à une mobilisation de la communauté, les familles d’éleveurs n’ont plus été approvisionnées en eau. Il s’agit d’un véritable chantage pour l’eau.

Instauration d’une économie basée sur la dépendance et renforcement des inégalités

Le discours de l’entreprise cherche à installer l’idée qu’avant l’arrivée de la compagnie sur le territoire, il n’y avait rien ou pas grand-chose. Le nombre d’emplois directs créés par MLP reste pourtant limité. La majorité provient d’entreprises sous-traitantes, et les travailleurs qui les occupent sont généralement recrutés hors de Caimanes. Le système est organisé en rotations : chaque semaine, plusieurs centaines de travailleurs externes sont logés à Caimanes. Les retombées économiques, essentiellement générées par les activités liées à l’accueil de ces travailleurs (création d’hôtels et de restaurants), n’ont profité qu’à un très faible nombre d’habitants de Caimanes. Cette situation a engendré de fortes inégalités de niveaux de vie et une inflation des prix.

Par ailleurs, le fait de travailler pour MLP limite les libertés fondamentales. En 2015, le Ministère du travail a été alerté par un enregistrement clandestin attestant des pressions exercées par MLP sur les travailleurs dans la sphère privée. 

Un tissu social déchiré

Les mécanismes de favoritisme, de chantage et de soumission ancrés dans la logique de l’entreprise ont déchiré des familles, dont les membres se sont divisés à cause des relations entretenues avec la compagnie. Chaque nouvel épisode de lutte a représenté dans l’histoire de Caimanes un nouveau degré de tension dans les foyers ou entre voisins.

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